La méthode

Nous ne jugeons pas les opinions : nous montrons ce qui avance, ce qui bloque et qui agit. Tout ce qui est publié ici peut être vérifié, texte par texte, à partir des sources officielles.

1. La règle de neutralité

Pour l’humain, deux élu·es peuvent viser le même but par des moyens opposés : plus de dépense publique ou moins d’impôts, plus de prévention ou plus de sanctions. Si le site tranchait entre ces visions, il deviendrait partisan. Trois règles en découlent :

  1. Juger le but, pas le moyen. Un texte est « favorable » s’il améliore l’accès effectif à un droit, la protection d’une personne vulnérable ou les moyens d’un service public cité par une référence extérieure. On ne note jamais un choix fiscal ou budgétaire global.
  2. S’appuyer sur des références extérieures, citées dans chaque justification : conventions ratifiées par la France (droits de l’enfant, droits des personnes handicapées, Istanbul sur les violences faites aux femmes), avis du Défenseur des droits, de la HAS, du HCSP, du CESE, rapports de la Cour des comptes…
  3. Publier la méthode et les critères de chaque cause : c’est cette page.

2. D’où viennent les données ?

De l’open data de l’Assemblée nationale : député·es et groupes, scrutins publics avec le vote nominatif de chacun, amendements, propositions de loi, questions écrites, dossiers législatifs et agenda. Le site se met à jour chaque jour. Les échéanciers d’application des lois sont publiés par le Gouvernement sur Légifrance ; les indicateurs des territoires viennent de l’Insee, de la DREES ou d’autres producteurs publics, toujours cités.

3. Comment les textes sont-ils choisis ?

Un programme repère les textes qui contiennent des mots-clés de chaque cause (AESH, déserts médicaux, aide sociale à l’enfance, proche aidant…). Les scrutins portant sur un amendement suivi sont aussi repérés. Pour gagner du temps, le site pré-remplit une proposition gratuite : règles d’expressions (par exemple, un choix fiscal global est proposé « à écarter »), reprise de la décision prise sur un texte identique (les mêmes amendements sont souvent déposés par plusieurs groupes), reprise de celle prise sur l’amendement voté par un scrutin, et sinon une première lecture automatique du texte entier, qui propose la cause, le sens et un brouillon de justification (ce programme suit des règles écrites à l’avance ; ce n’est pas une intelligence artificielle).

Aucun texte n’est publié sans relecture humaine. Pour chacun, nous vérifions qu’il concerne réellement l’une des causes, nous choisissons la cause, nous indiquons s’il va dans le sens de son but, nous citons la référence utilisée et nous l’expliquons dans une courte justification publique.

4. Les causes, leurs critères et leurs références

CauseUn texte est favorable s’il…Références
Handicap et accessibilitéaméliore l’accès effectif d’une personne handicapée à un droit : scolarisation, logement adapté, emploi, ressources, accessibilité. Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (ratifiée par la France en 2010) ; Défenseur des droits
Protection de l’enfancerenforce la protection ou l’accompagnement d’un enfant vulnérable. Convention internationale des droits de l’enfant ; Défenseure des enfants (Défenseur des droits) ; CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants)
Accès aux soinsaugmente l’offre de soins là où elle manque, ou améliore l’accès effectif aux soins. Haute Autorité de santé (HAS) ; Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ; Cour des comptes
Violences faites aux femmes et intrafamilialesprotège mieux ou plus vite les victimes. Convention d’Istanbul (Conseil de l’Europe) sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes ; Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes
Personnes âgées et aidantsaméliore la prise en charge des personnes âgées ou le soutien aux aidants. Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ; Défenseur des droits ; Conseil économique, social et environnemental (CESE)
Éducationréduit une inégalité d’accès à l’éducation mesurée par une référence extérieure. Conseil d’évaluation de l’école et rapports du CNESCO ; Défenseur des droits
Précarité et logementprotège une personne d’une situation de détresse (rue, logement indigne, faim). Fondation pour le logement des défavorisés (rapport annuel sur l’état du mal-logement) ; Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées
Santé publique et environnementréduit une exposition reconnue dangereuse pour la santé. Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) ; Santé publique France
Droits et accès aux services publicsgarde un accès humain à un service public ou rend un droit plus simple à obtenir. Défenseur des droits (rapports « Dématérialisation des services publics »)

Chaque texte reçoit aussi une importance (de 1, mesure mineure, à 3, vote final d’une loi) et peut être marqué « texte clé » de sa cause : c’est sur ces textes clés que le comparateur montre le vote de chacun.

5. Les sujets clivants

Sur certains sujets, deux visions s’opposent sur le but lui-même : immigration et asile, sécurité et justice pénale, fiscalité et budget. Ces textes sont suivis en mode descriptif : ils sont listés, résumés et leurs votes sont affichés, mais le site ne dit pas s’ils sont favorables ou défavorables, et ils ne comptent dans aucune comparaison « favorable ».

6. L’avis des visiteurs

Sur ces sujets, ce sont les visiteurs qui donnent leur avis, texte par texte : « J’aurais voté pour », « contre », ou « je me serais abstenu·e ».

7. La comparaison entre élu·es

La comparaison est gardée pour nourrir le débat, mais c’est le citoyen qui compare : le site met les faits côte à côte, sans publier de classement général.

Les faits comptés, pour chaque cause : textes déposés (auteur·e) et cosignés qui vont dans le sens du but (ceux qui vont contre sont comptés à part), textes adoptés, textes transpartisans (signés avec des député·es d’au moins un autre groupe), questions écrites, votes exprimés et absences sur les scrutins suivis.

8. Du vote au décret

Une loi votée ne change souvent rien tant que ses décrets d’application ne sont pas publiés. Nous relions chaque loi promulguée à son échéancier (la liste des décrets attendus, article par article), puis chaque mesure à son décret : publié, en partie publié, ou en attente. Un amendement adopté rejoint la loi qui le porte. Les échéanciers sont saisis et vérifiés à la main.

9. Les questions sans réponse

Un·e député·e peut interroger un ministre par une question écrite publiée au Journal officiel. Le règlement de l’Assemblée prévoit une réponse dans le mois, prolongeable d’un mois : nous comptons comme « sans réponse » une question qui attend depuis plus de 60 jours. Le délai médian de chaque ministère est calculé sur l’ensemble des questions de la législature, pas seulement celles des causes suivies. Une question retirée ou devenue caduque n’est pas comptée.

10. Les limites

11. Indépendance

Veille Humaine est un site indépendant, de la même famille que Veille Animale et Veille Écologie, construit sur le même moteur. Il ne vit que des soutiens de particuliers : aucune publicité, aucun financement d’un parti, d’une entreprise ou d’une association.

12. Une erreur ?

Écrivez-nous à contact@veille-humaine.fr. Les élu·es concerné·es peuvent demander une correction ou l’ajout d’un texte : nous répondons à chaque demande.